MOOC et pratiques pédagogiques des enseignants

MOOC et pratiques pédagogiques

La lecture ce cet article : Quel impact des MOOC sur les pratiques pédagogiques des enseignants ? m’a inspiré quelques idées qui trottent depuis quelques temps dans ma tête et que je vous livre tout de go.

Donc le mot e-learning a été enterré définitivement, il est devenu ringard, pour être remplacé par MOOC. Toutefois, à lire cet article, c’est bien d’e-learning que l’on parle. D’ailleurs sont allègrement mélangés Ressources Éducatives Libres et MOOC. Ce qui ajoute encore un peu à la confusion, permettez-moi donc de revenir aux définitions pour que nous soyons d’accord.

Ressources éducatives libres

Ce sont des ressources, pas des cours. C’est même dans le titre ! Cela veut dire qu’un enseignant qui veut monter un nouveau cours, ou enrichir un cours existant, va pouvoir puiser dans ces ressources pour enrichir son cours. Mais le scénario pédagogique, la structure, tout ce qui fait SON cours lui appartiennent et les mêmes ressources pourront être utilisées de manières totalement différentes d’un cours à l’autre.

xMOOC et cMOOC

Je n’ose même plus parler de xMOOC et de cMOOC tant ces concepts ont été galvaudés et sont maintenant mélangés et utilisés à tors et à travers. La révolution pédagogique c’était le cMOOC, celui où les gens parlent entre eux pour partager leurs connaissances. Pardon, les apprenants se connectent entre eux pour co-construire leur apprentissage. Mais ce sont les xMOOC qui ont gagné, c’est à dire le machin énorme avec 10.000 apprenants qui regardent en rythme les longues heures de vidéos et autres contenus, tous à sens unique, qui ont été mis à leur disposition (toute ressemblance avec un cours sur DVD du siècle dernier est fortuite et non politiquement correcte).

Un MOOC, sinon rien

Pour mettre tout le monde d’accord, je simplifierais en disant qu’à mon sens, un MOOC est un cours en soi. Il se suffit à lui même et peut servir pour introduire des concepts nouveaux, voire remplacer le cours. L’avantage est que les moments où l’enseignant et ses élèves se retrouvent pourra être consacrée des travaux pratiques ou autres activités qui serviront à fixer l’apprentissage.

Apprenants, vraiment ?

Un autre fait intéressant, c’est de constater que « Dans son étude sur les utilisateurs du cours d’électronique 6.002X, 40% des répondants au questionnaire étaient des enseignants ou formateurs« . Le MOOC est donc une performance auto-réalisatrice, méthode révolutionnaire d’enseigner… aux enseignants. Donc, ces MOOCs que des spécialistes nous vantent, sont suivis à 40% par ces mêmes spécialistes, qui sont sans doute les seuls à finir ces parcours laborieux… Dois-je vous rappeler les taux d’abandon ?

C’est qu’un autre fantasme est celui du Super Apprenant. Ce personnage mythique, c’est le premier de la classe dont tous les maitres rêvaient. Celui qui lève toujours le doigt pour répondre aux questions, qui a des remarques pertinentes, arrive en avance et reste pendant la récréation pour poser des questions ou préparer le cours suivant. C’est vrai que la transition numérique nous apporte beaucoup, mais au risque de choquer certains, j’ai le regret de vous annoncer qu’elle n’a pas transformé tous les Toto assis au fond près du poêle en premier de la classe.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Après cette petite déconstruction, le moment est venu de reconstruire et se pencher sur ce qu’on peut bien faire de tout ça.

  1. Il n’y a pas de super apprenant, nous sommes condamnés à développer des contenus originaux, des activités motivantes et articuler tout cela autour de parcours d’apprentissage qui donnent du sens.
  2. Les xMOOC seront réservés à la transmission de connaissances « stables ». Ils peuvent élégamment remplacer le manuel de cours et vont bien s’intégrer dans un dispositif « Blended Learning« . Ils peuvent aussi être efficaces dans les disciplines techniques ou les sciences dites dures.
  3. Les cMOOC pourront remplacer efficacement un cours, quelle que soit la discipline, dans sa totalité.

 

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